Le rendez-vous des indés #18


rendez vous des indés

L’auto-édition est un vaste sujet, chacun à ses propres idées à son propos. C’est pourquoi, j’ai décidé de créer ce rendez-vous des indés.

Je pense que ce rendez-vous peut être très enrichissant, permettre de découvrir différentes visions et d’échanger. Je vous demande juste que ces échanges se fassent dans le respect , sans débordements inappropriés car je sais très bien qu’il y aura des risques.

Si vous voulez que ce rendez-vous continue, j’attends vos mails, car ce sont vous, les indés qui le faites. Je compte donc sur vos témoignages que vous pouvez m’envoyer à lestribulationsdunelectrice@gmail. Dans ce mail, vous êtes libres de me parler de votre ressenti et de votre expérience.

Pour cette nouvelle édition, c’est Link qui se prête au jeu et je vous invite à découvrir sa page amazon en cliquant ici.

link auteur

Je crois que j’écris depuis que je sais tenir un stylo et aligner deux ou trois phrases en français correct. C’est à dire depuis l’âge de 8 ans. J’avais sévi avec une première pièce de théâtre que nous avions mise en scène avec mes cousins et cousines, filmée par mon oncle. Un torchon inintéressant. Une saynète attendrissante avec des mots d’enfant, des expressions d’enfant et la naïveté d’un enfant de 8 ans. A oublier donc.

Mais le virus était né. Il a grandi en moi et m’a accompagné jusqu’à ce que de rédactions en rédactions, de nouvelles en nouvelles je ne finisse par aboutir, à 20 ans à la rédaction de mon tout premier roman : « Les Compagnons de l’Arc-en-Ciel ».

A l’époque, perchée de ma sortie d’adolescence et vivant encore dans le monde sucré des Bisounours, j’avais envoyé mon texte à des éditeurs. Seul moyen disponible si on voulait partager ses écrits.

Puis, il arriva ce qu’il devait arriver. Les lettres de refus. Si elles blessent l’orgueil de la jeune femme que j’étais, elles apprennent aussi à grandir.

Je ne me l’explique pas. On me refusait, sans plus de cérémonie. Mais mon histoire j’y croyais. Je n’étais certainement pas Victor Hugo, mais en comparant avec les nombreuses lectures que je pouvais engloutir au quotidien, je ne me sentais pas si en-dessous des autres. Il y en avait et en aura toujours de bien meilleurs que moi, mais il y en a aussi de bien pires. Ceux à qui on avait ouvert les portes du Graal : les Maisons d’édition.

Avec le temps, je n’ai jamais renoncé. Quand l’Internet s’est démocratisé, j’ai vu enfin l’occasion de prouver ce que je valais en me confrontant directement à mes lecteurs potentiels. Eux sauraient me dire si mon histoire valait quelque chose ou pas.

J’ai donc ouvert un premier blog sur lequel j’ai publié par épisode « les Compagnons de l’Arc-en-Ciel ». Et là ce fut une véritable révélation. Des centaines de commentaires, des encouragements, du fan-art sur mes personnages. J’ai compris qu’une seule chose m’intéressait vraiment en écrivant, c’était le partage avec les lecteurs. Directement. Lire leurs réactions, positives ou négatives, ce contact presque charnel qui nous rend plus proche et abat la distance du tiers que représente la maison d’édition.

Alors j’ai poursuivi l’aventure sur blogs, remanié un ancien roman policier, repris l’écriture d’un vieux projet de romance, fondé un collectif d’auteurs sur lequel nous publions irrégulièrement des nouvelles (l’Atelier)… Et puis j’ai découvert l’impression à la demande.

Voilà, mon rêve était là. Je n’avais certes pas les moyens d’assurer une promotion digne des maisons d’édition, de me faire traduire, de me faire connaître comme aurait pu le faire un éditeur classique qui a les contacts, le savoir-faire. Mais j’avais des lecteurs et la possibilité de tenir entre mes mains une version papier de mes livres. Rêve absolu, s’il en est, pour les écrivains qui sortent leurs textes de leurs tiroirs et les livrer au reste du monde.

Je me suis d’abord investie sur ces impressions à la demande, puis avec l’apparition des liseuses, j’ai exploité un autre créneau : le numérique.

Aujourd’hui, je m’auto-édite sur Amazon et Kobo avec des tirages papier sur createspace. J’ai quatre romans à mon actif. « les Compagnons de l’Arc-en-Ciel », bien sûr, mais aussi cette romance violente et sombre qui me hantait depuis des années sans que je ne parvienne à l’écrire « Strawberry Fields », ainsi que deux autres fantasy victoriennes aux accents steampunk « Un Air de Liberté » et « Question de Temps » qui participe d’ailleurs au concours des plumes francophone cette année 2016.

Oui, l’auto-édition est un travail à part entière. L’écriture du roman, aussi douloureuse, aussi fastidieuse soit-elle n’est que la partie émergée de l’iceberg. Il faut créer ses couvertures, trouver des correcteurs, des lecteurs bêta, faire soi-même sa mise en page, ses maquettes, vérifier ses bons à tirer, assurer sa promotion en commençant par le petit cercle de connaissances qui nous entoure et en priant pour qu’un bouche à oreille se mette en route, essayer d’être présent sur les réseaux sociaux…

C’est un challenge. Un défi.

Mais pour la joie qu’il me procure au quotidien, je le poursuis. Ce contact direct avec les lecteurs, même peu nombreux, est précieux. Une alchimie finit par se créer, d’ailleurs ce sont mes lecteurs qui ont trouvé mon pseudonyme de « Link » que j’utilise pour signer mes écrits.

L’auto-édition est pour moi un terme barbare, encore mal vu par nombre de personnes qui estiment qu’un auteur auto-édité est forcément un mauvais auteur, un paria des éditeurs. Il y en a. Je ne le nie pas. Mais combien de mauvais livres sont également publiés, médiatisés et vendus par centaines de milliers (voire millions d’exemplaires) par des maisons reconnues ayant pignon sur rue ?

Lorsque l’on achète un livre, on prend toujours un risque qu’il ne nous plaise pas, d’être déçus par les promesses de sa quatrième de couverture. C’est le cas sur les titres en tête de gondole. C’est le cas chez les indépendants. Mais on prend aussi le risque de découvrir une perle, un livre qui vous chavirera le cœur pendant longtemps. C’est le cas chez un libraire. C’est le cas chez les indépendants.

Je ne suis pas auto-éditée. Je suis indépendante.

Pirandello avait signé une pièce où six personnages étaient en quête d’un auteur.

Je suis un auteur en quête de lecteurs.

Simplement de lecteurs.

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3 Réponses

  1. Ce témoignage est très intéressant 🙂 J’ai Question de temps dans ma PAL et j’ai vraiment hâte de le lire ^^ Un joli parcours ^^

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