Le rendez-vous des indés #17


rendez vous des indés

L’auto-édition est un vaste sujet, chacun à ses propres idées à son propos. C’est pourquoi, j’ai décidé de créer ce rendez-vous des indés.

Je pense que ce rendez-vous peut être très enrichissant, permettre de découvrir différentes visions et d’échanger. Je vous demande juste que ces échanges se fassent dans le respect , sans débordements inappropriés car je sais très bien qu’il y aura des risques.

Si vous voulez que ce rendez-vous continue, j’attends vos mails, car ce sont vous, les indés qui le faites. Je compte donc sur vos témoignages que vous pouvez m’envoyer à lestribulationsdunelectrice@gmail. Dans ce mail, vous êtes libres de me parler de votre ressenti et de votre expérience.

Pour cette nouvelle édition, c’est Paul Clément qui se prête au jeu. Il connaît l’auto-édition avec son roman « Les décharnés ».

les décharnés

Aujourd’hui, c’est à mon tour de partager mon expérience d’auteur auto-édité grâce à Isabelle qui nous ouvre volontiers les portes de son blog.

Pour moi, tout a commencé il y a presque quatre ans maintenant, lorsqu’un simple texte écrit un soir m’a convaincu de poursuivre un de mes rêves : écrire un roman. Mais, en réalité, cela ne fait que six mois maintenant que j’ai rejoint la grande famille des auteurs auto-édités en publiant mon premier roman Les Décharnés sur Amazon et Kobo.

 Étant rédacteur en chef du site My Zombie Culture, le phénomène de l’auto-édition ne m’était pas inconnu. Je recevais (et continue à recevoir) des demandes régulières pour parler d’œuvres zombies auto-éditées et savais déjà que nombre de romans de zombies américains, aujourd’hui traduits et édités chez nous, étaient passés par cette case aux États-Unis. Alors, quand j’ai enfin écrit le mot « fin » de Les Décharnés en janvier 2015, j’avais déjà en tête de passer par ce mode d’édition.

Cela ne m’a pourtant pas empêché de courir après le rêve de nombreux Français : être édité. J’ai donc envoyé mon manuscrit à plusieurs maisons d’édition en me concentrant sur les grandes maisons qui avaient déjà pu éditer un roman dans le genre zombie, ainsi qu’à quelques maisons d’édition plus petites et davantage spécialisées dans le fantastique. Pour être honnête, je savais déjà que cela ne pourrait fonctionner que sur un malentendu… Le genre horrifique n’est en effet pas toujours très bien considéré en France (alors imaginez celui des zombies, surtout lorsque l’auteur est un nouveau venu) et mon roman n’était pas le premier tome d’une longue saga dont les plus petites maisons d’édition raffolent. Autant dire qu’il n’y a pas eu de malentendu et, malgré quelques retours sympathiques, j’ai abandonné l’idée de faire éditer mon roman. Cela ne marquait en rien la fin d’un rêve, plutôt le début d’une nouvelle aventure que j’avais fortement envie de vivre.

C’est alors que le chemin de croix que tous les auteurs indépendants doivent parcourir a commencé pour moi. J’avais souvent lu des articles associant l’auto-édition avec un phénomène réunissant les rebuts de l’édition classique et des œuvres principalement médiocres, alors il était hors de question pour moi de contribuer à cette image dégradante de l’auto-édition. J’ai eu la chance de pouvoir compter sur un de mes amis, rédacteur de My Zombie Culture, qui m’a offert une superbe couverture pour mon ouvrage, m’évitant de trafiquer un truc dégueulasse sur photoshop, et qui s’est également attelé à la réalisation de l’intérieur du futur format broché de Les Décharnés. De mon côté, aidé de ma mère pour les corrections, ce sont des heures qui ont été passées afin d’essayer de parfaire le texte et notamment ses versions numériques (malgré cela, j’ai mis en ligne une autre version du roman plusieurs semaines après sa sortie, grâce à des lecteurs qui avaient relevé des coquilles que j’ai pu corriger – encore merci à eux !). Et c’est uniquement lorsque j’ai eu le sentiment d’avoir entre les mains un contenu de qualité presque professionnelle, que j’ai cliqué sur ce bouton magique qui permettrait à tous de découvrir mes écrits sur Amazon. C’est un autre chapitre des aventures de l’auteur auto-édité – celui que l’on pourrait comparer à un marathon sans fin – qui a alors commencé pour moi : se faire connaître.

Comme tous, je savais que ce serait le plus gros défi. Quand on est seul derrière son ordinateur, on a beau avoir du talent (mes lecteurs choisiront de m’inclure ou non dans ce « on »), si personne n’est au courant, cela ne fera pas grand effet dans la sphère littéraire. Dans mon cas, mon roman étant un récit zombie, j’ai eu la chance de pouvoir directement mettre le lectorat de mon site dans la boucle de mon auto-promotion. Les résultats ont été immédiats puisque, ayant déjà acquis leur confiance en tant que chroniqueur, nombreux m’ont donné ma chance en tant qu’auteur et 120 exemplaires de Les Décharnés ont trouvé leur lecteur dès le premier mois après la sortie du roman. Autant dire que je ne m’attendais pas à un tel départ, d’autant que les retours critiques ont été très positifs dès le début voire dithyrambiques. J’étais aux anges.

Mais, convaincre les initiés à la culture zombie n’était pas mon unique but puisque, comme j’ai déjà pu l’expliquer, mon roman ne s’adresse absolument pas uniquement aux fans invétérés de zombies mais à tous, et c’est donc le défi d’atteindre d’autres lecteurs que j’ai essayé de relever. Une fois encore, l’aventure de l’auto-édition a été très enrichissante puisque me tourner vers les blogueurs littéraires, avec l’espoir que mon petit roman puisse les intéresser, m’a permis de faire de nombreuses rencontres avec des personnes que je prends un énorme plaisir à suivre aujourd’hui, m’aient-elles chroniqué ou non. À l’heure où j’écris ces mots, Les Décharnés a déjà eu le droit à près de 40 critiques sur la toile (presque à 100% très positives) et c’est une vraie fierté qui m’habite quand je pense à toutes ces personnes qui m’ont fait confiance et ont accepté de passer un peu de temps avec mes personnages. Mais tout cela ne s’est pas fait en un claquement de doigt. Comme j’ai pu l’expliquer dans une tribune sur Mon Best Seller, obtenir des critiques ne se fait pas en harcelant une personne parce qu’elle a un nombre important de followers, de fans, de viewers ou de lecteurs… cela est la plus grosse bêtise qu’un auteur auto-édité pourrait commettre. J’ai personnellement passé beaucoup de temps à essayer de trouver les blogueurs que mon récit pourrait intéresser. Je me suis intéressé à leurs goûts, j’ai lu leurs avis, j’ai essayé d’apprendre à les connaître et je me suis lancé. Comme tout le monde, j’ai essuyé des refus (toujours cordiaux et forts sympathiques malgré tout), mais j’ai surtout eu la chance de pouvoir bâtir une relation de confiance avec de plus en plus de blogueurs. Et que dire du plaisir de lire leurs avis, soient-ils ultra enthousiastes ou parfois plus nuancés ? Tous mes efforts avaient payé.

En réalité, l’avaient-ils vraiment d’un point de vue financier ? Car, je le sais, beaucoup d’auteurs auto-édités se posent la question de savoir si offrir un service de presse à un blogueur est toujours rentable. Je n’ai certainement pas la prétention d’avoir la réponse. Mais, étant diplômé en marketing, il y a une chose que je sais bien : il ne s’agit pas d’une science. Vous pouvez investir sur de nombreux supports de communication, divers et variés, jamais vous ne saurez exactement combien ces actions vous auront rapporté exactement, ni même, parfois, si elles auront vraiment eu un impact. À la différence d’une promotion sur le prix (comme une offre éclair sur Amazon) qui vous permet très facilement de connaître les résultats de l’opération sur vos ventes, l’impact d’une critique littéraire n’est pas quantifiable. Mais, posez-vous la question : est-ce réellement ce qui importe ? Pour ma part, passé le premier mois très fort de ventes, les mois suivants sont restés globalement stables et j’approche aujourd’hui des 500 exemplaires vendus (oust le tabou qui règne sur les chiffres de ventes, je n’ai pas honte de communiquer les miens), mais je n’ai aucun moyen de savoir réellement ce qui a généré ces ventes. Est-ce que ce sont les nombreuses critiques parues sur internet ? Les très bons commentaires sur Amazon ? Le bouche-à-oreille de mes premiers lecteurs ? L’influence de My Zombie Culture ? Probablement l’ensemble, mais peu importe car, pour moi, un auteur auto-édité ne doit pas approcher cette aventure de l’auto-édition d’un point de vue commercial et marketing… Quand on sort de nulle part, que l’on a la volonté que des inconnus acceptent de nous consacrer du temps, bâtir un semblant de notoriété prend du temps, beaucoup d’honnêteté et d’envie et n’a certainement pas besoin de voir des notions comme le retour sur investissement venir gâcher tout cela. Après tout, vous pariez sur vous-même alors faîtes-vous confiance. Tout cela ne doit néanmoins pas empêcher un auteur auto-édité d’être aussi professionnel que possible mais rester humain et sincère me semble l’élément le plus important. C’est en tout cas ce que j’essaye de faire, même si parfois voir ses ventes chuter à zéro peut faire mal au moral. Mais Rome ne s’est pas faite en un jour et votre œuvre non plus.

Bref, dans mon cas, après ces six mois dans la peau d’un auteur auto-édité, c’est ainsi que je continue à voir les choses et j’essaie de garder la même dynamique, la même envie, car même si Les Décharnés n’a pas détrôné le dernier Marc Levy, qu’importe, je continue à en tirer un bonheur quotidien qui me motive à persévérer dans l’écriture, à croire en moi, comme mes premiers lecteurs et certains blogueurs le font.

 

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3 Réponses

  1. A reblogué ceci sur Le scribouilleuret a ajouté:
    Voilà un partage d’expérience qui ne peu qu’encourager les nouveaux auteurs. Merci a Paul Clément et L’antre du bonheur pour e très bon article.

    J'aime

Merci pour votre passage. N'hésitez pas à laisser un commentaire après lecture de l'article, je vous répondrais dès que possible :)

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