{Nouvelle}La roue tourne


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Parce que ça fait un moment que je n’ai plus partagé d’écrit, parce que cette nouvelle que j’avais écrite cet été pour le concours au féminin n’a jamais été publiée sur le blog, parce qu’elle me tient énormément à coeur et parce que je me suis tellement amusée à écrire cette nouvelle, ce soir j’ai décidé de la faire resurgir et de la partager ici sur le blog. Il n’est d’ailleurs pas du tout exclu qu’un jour elle soit une partie d’une histoire plus longue.

Pour certains ce sera une découverte, pour d’autres une redécouverte. Quoi qu’il en soit, n’hésitez pas à laisser vos commentaires et à exprimer votre ressenti.


Sandy en a assez de supporter son directeur. Ça fait plus de deux ans qu’elle travaille dans cette boite et tous les jours c’est le même refrain. Il est temps qu’elle se bouge pour se trouver un autre job. Elle aurait bien envie de tout plaquer, mais elle ne peut se permettre de se retrouver sans revenus. Souvent, elle imagine ce jour où elle lui écrira cette lettre d’adieu dans laquelle elle lâchera toutes ses pensées.
Jusqu’à ce soir, ce n’était que des songes, mais plus les jours passent, plus elle a besoin de s’extérioriser. Elle allume l’ordinateur, s’installe, laisse courir ses doigts sur le clavier et ne s’arrête plus. Elle jubile, s’amuse et se sent motivée à faire de ce rêve, une réalité.

Cher crétin,
Je ne suis pas venue bosser la semaine dernière et je ne reviendrai plus parce que j’ai trouvé un boulot dans une autre boite, un vrai job pour lequel je suis reconnue.
Ma démission est donc partie au service des ressources humaines. Je te souhaite bonne chance pour dénicher quelqu’un qui supportera tes mauvais traitements et ton manque de respect pendant plus de deux ans. Enfin, si seulement tu arrives à garder ton emploi, car je n’ai pas l’intention de me taire.
Ce n’est pas parce que tu diriges une entreprise que tu as tous les droits et surtout pas celui d’avoir des gestes et des paroles déplacées. Pour qui te prends-tu ? T’es-tu déjà regardé dans un miroir ? Ha oui j’oubliais ! Tu te crois parfait et tu te trouves toutes les qualités du monde. Tu es un être exceptionnel et personne ne t’arrive à la cheville. Redescends sur terre, tu es le seul à le concevoir.

Tout le personnel sait que tu t’envoies en l’air avec Élise, la secrétaire de direction. Elle nous raconte tout dans les détails et se moque bien de toi et de tes performances minables.
Je te vois sourire à la lecture de ce courrier et penser que ce ne sont que des mots. Et bien, détrompe-toi, les premiers témoignages ont été recueillis et sont partis au syndicat qui est occupé de monter un dossier contre ta petite personne.
On se reverra sans doute au tribunal et ce jour-là, crois-moi j’aurais un grand sourire. Le juge et l’assemblée auront eux aussi une énorme partie de plaisir quand ils découvriront tes simagrées en vidéo.
Te souviens-tu de cette soirée où tu nous avais donné rendez-vous dans ce club échangiste ? Tu nous as attendues et tu as cru que nous avions toutes décliné ton invitation. En effet, c’était le cas, mais ce que tu ne sais pas c’est que ce soir-là, nous sommes rentrées déguisées et nous t’avons filmé. Tu étais seul au bar, dans ton plus simple appareil, tes fesses flasques posées sur le tabouret. Tu essayais de convaincre une jeune fille d’une vingtaine d’années qui se moquait ouvertement de tes désastreuses performances et de ton manque de virilité.

Je prépare également un courrier qui sera adressé à ta femme pour qui tu n’as aucun respect. Comment peux-tu nous appeler le week-end pour nous faire des propositions et nous donner rendez-vous pour des parties de jambes en l’air à plusieurs ? Tu es vraiment dérangé, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans ta tête. Tu te crois beau et puissant, mais tu es juste repoussant et moche. Tu m’as expliqué plusieurs fois à quel point tu aimais la chair fraîche, mais tu as l’âge d’être mon père espèce de pervers !
Tu ne ratais pas une occasion de me reluquer, de te coller à moi, de me toucher, de tenter de plonger tes mains dans mon décolleté et de me dire à quel point j’étais bonne. Tu faisais le même cinéma à toutes les employées de l’entreprise.
Tu t’es bien amusé, mais maintenant c’est à notre tour de jouir et de te voir tomber.

Je voudrais être une petite souris pour regarder ta tête changer à la lecture de ce courrier.
Adieu, sale vicieux, la route tourne,
Sandy

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6 Réponses

  1. Ça c’est du patron gratiné… et de la frustration qui ressort 😉 Merci d’avoir partagé avec nous ce petit texte !

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  2. Et hop ! Un patron face à ses démons. Courra plus le pantalon en bas des jambes, celui-là 😁

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    1. Oui, c’est sur, il aura eu une bonne leçon 🙂

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  3. Voilà un texte qui décape… Pas du vécu j’espère ? Merci pour le partage 🙂

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    1. Merci 🙂 Pas tel quel, mais j’ai vécu le harcèlement moral avec un chef enfin ce n’était rien comparé à mon histoire 🙂

      Aimé par 1 personne

      1. Au moins, cette situation déplaisante aurait abouti sur une histoire forte 🙂

        Aimé par 1 personne

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