Le rendez-vous des indés #11


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L’auto-édition est un vaste sujet, chacun à ses propres idées à son propos. C’est pourquoi,  tous les dimanches, j’essaye qu’un auteur qui est en édition indépendante ou qui est passé par là partage son point de vue.

Je pense que ce rendez-vous peut être très enrichissant et permettre de découvrir différentes visions et d’échanger. Je vous demande juste que ces échanges se fassent dans le respect , sans débordements inappropriés car je sais très bien qu’il y aura des risques.

Si vous voulez que ce rendez-vous continue, j’attends vos mails, car ce sont vous, les indés qui le faites. Je compte donc sur vos témoignages que vous pouvez m’envoyer à lestribulationsdunelectrice@gmail. Dans ce mail, vous êtes libres de me parler de votre ressenti et de votre expérience.

Pour la reprise de ce rendez-vous, c’est Ghaan Ima qui est à l’honneur. Elle a connu l’auto-édition avec son roman « Les larmes du dragon ».

les larmes du dragon

Déjà, merci Isa pour cette tribune ouverte aux indépendants, aux indies comme je préfère les appeler avec mon tempérament de Jean-Claude Van Damme ^-^

Je suis un tout jeune indie, j’ai publié en indépendant mon premier livre jeunesse « Les Larmes du Dragon : Le Passeur de Mondes » le 15 août dans le cadre du concours Amazon.

Pourquoi j’ai publié ce livre en indie ? Pas parce que les maisons d’édition n’en voulaient pas. Elles n’ont jamais été informées de son existence ^-^ Non, seulement, je reviens tout juste de Montréal où je travaillais dans le milieu du jeu vidéo indépendant. Alors pour moi, être indie, cela va au-delà de publier un livre. Être indie c’est être un entrepreneur, c’est prendre son destin en main, c’est ne pas attendre en grattant devant la porte des maisons d’édition qu’un maître daigne nous ouvrir. Être indie c’est construire sa propre destinée (là, dans votre esprit, il me manque juste la grosse épée et l’armure pour parfaire le tableau :D).

Alors je me suis lancée en indie, et sérieusement. J’ai payé deux relecteurs pro pour produire un texte de qualité. J’ai sollicité un super illustrateur pour avoir une image de couv de qualité. Et tout le reste, en bon indépendant, je l’ai fait moi-même. La communication, le maquettage, la mise en ligne et tutti quanti. Bilan, près de 2 mois plus tard, des commentaires 4 ou 5 étoiles, des chroniques de blogueuses satisfaites, donc un livre qui semble de qualité (bon, les amis ne me descendraient jamais, hein isa ? ;). Alors, wouah ! Objectif atteint ? Mais non, splash ! Grosse panade. A peine plus de 50 ventes et près de deux mois sans avoir le temps d’écrire une ligne (bon je corrigeais en parallèle un autre roman, je fais mon Caliméro ;^; ). Mais j’ai passé beaucoup de temps en petits détails parfois idiots et en marketing pour un résultat, soyons honnête, très médiocre en termes de ventes.

Alors pourquoi cet échec ?

Je ne suis pas là pour faire la psychanalyse de ce fiasco, c’est l’objet d’un « post-mortem » sur mon blog. Mais je peux vous en dire la substance : Être un entrepreneur ce n’est pas tout faire soit-même ! Il faut apprendre à déléguer, à se reposer sur des experts externes. De la même façon que je savais déjà que relecteur pro, c’est un métier, j’ai enfin compris que diffuseur, c’est un métier, communicant, c’est un métier, maquettiste, c’est un métier, etc. Donc, si vous vous lancez en tant qu’indie, pensez-y : Un indie est un entrepreneur. Un entrepreneur prend des risques. Un entrepreneur investit. Cela vous semble fou de dépenser de l’argent sur votre livre ? Ah, bon ?! Je fais depuis 10 ans un métier que je n’aime pas pour gagner de l’argent. Or, je n’aime pas les sacs à mains, les bijoux, les chaussures et les enfants. La seule chose que j’aime c’est écrire. J’ai donc le droit de me faire plaisir autrement, non ? 😉

Ainsi, j’ai décidé d’élargir mon budget sur mes deux prochains livres et de tenter les services promo et diffusion des startups existantes et de celles qui ne manqueront pas de se monter dans un avenir proche. Car l’univers du livre numérique et de l’autoédition est encore un brouillard d’où tout peut surgir, monstre comme bateau magique. Seule chose sûre dans ce monde changeant, à un moment de ma vie, je ne veux plus faire qu’écrire. Ecrire, encore et toujours. Ces histoires que j’ai dans la tête, personne ne les écrira à ma place et je ne veux pas être enterrée avec. Et puis, c’est en forgeant qu’on devient forgeron, non ? 😉

Mais pourquoi tu veux pas publier en maison alors, damned ?!

Je comprends que ce soit l’aboutissement pour 99% des auteurs, auteures, autrices 😉 Mais ce n’est pas mon rêve. Je veux être indie. Je ne veux dépendre de personne. Ce rêve me brûle presque autant que de vivre de ma plume ! OK, à ce stade, vous me trouvez peut-être stupide, mais vous respectez cet entêtement naïf et pur, digne d’un héros de shonen manga. Et pourtant… j’ai envoyé mon histoire du chat dragon au concours Gallimard. Je comptais aussi envoyer « Mira, la bataille de l’eau » au concours Bouygues/JC Lattes mais j’ai lamentablement raté la deadline (m’enfin ! comment cela a-t-il pu arriver ? oO). Et je compte soumettre mes deux prochains romans en ME.

Traître ! Hypocrite ! Vous entends-je crier. Que se passe-t-il dans cette étroite petite tête ?! En fait, je dois passer par une maison d’édition à un moment ou à un autre. C’est comme la case prison au Monopoly, on doit s’y rendre, sans passer par la case départ, sans gagner 20 000 francs (oui des francs, j’ai un certain âge ;). Si je veux me construire un lectorat, atteindre ma cible, rien ne vaut l’expertise d’une maison, quitte à jouer solo après. Vous me direz, le lectorat, Librinova et Iggybook peuvent me l’apporter. De plus, vous devez sûrement savoir que la majorité des maisons d’édition n’assureront pas correctement la promotion d’un nouvel auteur, même les plus prestigieuses. Seules quelques maisons de taille moyenne, avec un lectorat qui leur fait confiance et une réelle volonté de gagner des parts de marché vont mettre le paquet sur la promo. Si la ME est votre Saint-Graal, cherchez ces perles rares. Bien sûr, la ME, c’est aussi pour bénéficier de l’expertise d’un éditeur, comprenez la personne qui relie les textes. En attendant que ces pauvres experts mal payés se mettent à leur compte et que les meilleurs fassent fortune comme cela se passe dans le monde anglo-saxon… Mais ma vraie raison pour vouloir aller en ME au moins une fois, c’est que je veux qu’on arrête de me regarder comme une pauvre recalée. Un indie, ce n’est pas un écrivain raté. Un indie, c’est un extraterrestre qui a fait des choix différents. Je veux le prouver, je publierai.

🙂 Je vous vois d’ici sourire avec attendrissement « Oh… qu’elle est naïve… » Mais croyez-le ou non, si je décide de publier, je peux le faire. (OK, suffit pas de parler, va falloir assurer maintenant, suite au prochain épisode :D)

Un sage chinois a dit que ce qui compte ce n’est pas l’endroit où l’on veut arriver, c’est le chemin que l’on emprunte pour atteindre son objectif. Il faut choisir le joli sentier ombragé et agréable. Moi, je veux prendre l’autoroute. J’ai aiguisé ma plume dans l’ombre de la forêt pendant 10 ans. Maintenant, je veux être un « vrai » écrivain et tout de suite. Je ne parle pas de devenir un « écrivain reconnu » avec les cheveux au vent et une écharpe rouge sur un manteau de cachemire ou tout autre – excusez-moi du terme –  bullshit élitiste. Je parle juste d’être lue, d’avoir des échanges avec des personnes, des âmes, qui me diront implicitement : « Mais non tu n’es pas tarée Ghaani. Tes rêves m’ont permis de m’échapper du quotidien pendant quelques heures alors continue de les écrire. Je te jure que je serais là pour les lire et peut-être même pour y participer financièrement. » Snif, j’en ai les larmes aux yeux rien que d’y penser :’)

Ahah ! 😉 Ne prenez pas tous mes propos au premier degré ! Et encore merci Isa d’accepter mes déblatérations anarchiques sur ton site ^-^

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10 Réponses

  1. J’aime beaucoup cette initiative et le témoignage est très intéressant, merci à vous deux 🙂

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    1. Merci guillemette, contente de voir que tu as trouvé mon blabla intéressant! 😀
      Bonne chance à toi dans tes projets!

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    2. Merci guillemette, contente que tu aies trouvé mon blabla intéressant 😉
      Bonne chance à toi dans tes projets!! ^-^

      Aimé par 1 personne

  2. Bien dit ghaan. Ce n’est pas parce qu’on est indépendant qu’on est des loosers, des écrivains ratées. Et tkt pas bébé finira par trouver des lecteurs. Ma saga a démarré très lentement aussi et même aujourd’hui c’est encore souvent le cas. Mais rien que de voir une personne te dire que ton texte lui a plut vaut tout le temps passer dessus 😊

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    1. En effet, il y a de très bon auteurs indépendants tout comme il y a de bons éditeurs édités et inversément 🙂

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  3. Bien dit 😊

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  4. Je connais une personne qui a publié plusieurs ouvrages grâce à Edilivre. Bien sûr, elle ne vit pas encore de ses romans, mais qui sait…. un jour peut-être.
    Par ailleurs, j’ai déjà croisé des auteurs qui vendent leurs livres à l’entrée des supermarchés. Je ne sait pas si ils ont eux même édité leur livres, mais j’avoue en avoir déjà acheté pour les soutenir.

    Aimé par 1 personne

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