Le rendez-vous des indés #8


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L’auto-édition est un vaste sujet, chacun à ses propres idées à son propos. C’est pourquoi tous les dimanches j’essayerais qu’un auteur qui est en édition indépendante ou qui est passé par là partage son point de vue.

Je pense que ce rendez-vous sera très enrichissant et permettra de découvrir différentes visions et d’échanger. Je vous demande juste que ces échanges se fassent dans le respect , sans débordements inappropriés car je sais très bien qu’il y aura des risques.

Si vous voulez que ce rendez-vous continue, j’attends vos mails, car ce sont vous, les indés qui le faites. Je compte donc sur vos témoignages que vous pouvez m’envoyer à lestribulationsdunelectrice@gmail. Dans ce mail, vous êtes libres de me parler de votre ressenti et de votre expérience.
Pour la septième édition, c’est Wendall Utroi qui témoigne. Il connait l’auto-édition avec son premier roman « Un genou à terre » et le second « Le dompteur de pluie ». Vous les trouverez au format numérique en cliquant sur les le titres des romans et, au format papier ici et ici.

Un genou à terre e8ae7-le2bdompteur2bde2b2bpluie

L’autoédition, un vaste sujet comme le dit si bien Isabelle… De ce fait, je ne pourrais pas me contenter de dix lignes.
Je vais essayer d’être le plus honnête possible, sans trop froisser les différentes parties, mais aussi sans langue de bois.

D’abord, pourquoi ce type d’édition ? Deux raisons, la première est un concours de circonstances, je me trouvais à l’étranger et envoyer mon tapuscrit me paraissait très délicat.

Mais, comme tout bon geek, voulant ne pas rester sur un échec, j’ai fureté sur la toile. J’ai cherché à me renseigner, connaitre la marche à suivre, pour mon retour en France. C’est là que j’ai découvert le second point. Si vous optez pour l’édition traditionnelle, commence alors un périple que l’on peut comparer à la traversée d’une jungle armé d’un cure-dent.
Tout d’abord, vous devez dénicher les maisons d’édition qui correspondent à votre roman. On appelle ça la ligne éditoriale. Pas toujours facile à trouver. Ensuite, vous devez rédiger un courrier, imprimer votre manuscrit, le relier et l’expédier à vos frais sans promesse de retour. Étant donné le nombre important d’envois dans les grandes maisons, et mon statut de primo rédacteur, j’ai rayé cette option, ne rêvez pas ! Restent les maisons plus modestes, attractives, multiples et diverses. Mais le lecteur privilégié appréciera-t-il le roman ? Ensuite, quid du comité de lecture ? Admettons, vous découvrez une clairière, avec une cascade, de quoi survivre dans ce monde hostile. C’est là qu’apparaissent les éventuelles modifications, réécritures, suppressions, sans garantie de publication ! Bref, j’étais très très sceptique, un peu comme la fosse. Comment, moi, petit écrivaillon du dimanche, pourrai-je me faire remarquer dans ce labyrinthe ? Il me restait l’option type « Femen », m’attacher torse nu à la grille d’une maison d’édition en revendiquant la parité auteurs connus/inconnus. Mon employeur et mon entourage étaient contre cette idée.

Je ne vous parle pas des comptes d’auteur. Enfin si, allez je vous en parle, je vois que vous en mourrez d’envie. Comment faire court pour vous dresser mon idée de la chose ?
Ha oui ! Vous faites de la photo ? Si ! Des photos de famille. Vous les visionnez sur votre écran d’ordinateur. Et bien, le compte d’auteur c’est comme payer pour les faire développer sans savoir si un jour il y aura une exposition de vos clichés ? Mieux vaut encore tenter l’envoi à un éditeur et essuyer les refus, au moins ça a le mérite d’être clair et cela ne vous coutera pas un sou.

C’est donc en découvrant des blogs, des articles sur l’autoédition que je me suis tourné vers cette solution. Elle m’apporte quantité d’avantages, même si elle est exigeante.

La rapidité : Une fois votre ouvrage terminé, la mise en ligne est souvent de l’ordre de 24 h. Vous allez me dire, c’est comme diffuser ses photos sur internet, ce n’est pas un gage de qualité ! Je vous rejoins. Mais, cela permet aux lecteurs de donner leur avis, et je vous garantis que certains ont une maitrise dans l’art de vous remettre à votre place. J’ai eu des commentaires assassins, ils vous éliminent, vous dynamitent, vous éparpillent. L’avis des lecteurs est primordial à mes yeux. Et, à moins d’être célèbre ou de fréquenter les salons, il me semble difficile de les recueillir, et encore moins d’en tenir compte.

J’en arrive à l’avantage suivant : l’interactivité. Mon premier roman, qui reçoit un petit succès, avait un défaut majeur, que dis-je, était à « chier » sur un point : la qualité de rédaction (fautes). Si vous fouillez dans les premiers commentaires sur Amazon vous verrez ceci : le 1er mai 2014 : Achat vérifié. Ce commentaire fait référence à cette édition : UN GENOU A TERRE : Roman (Format Kindle)
« L’histoire est passionnante et j’ai eu bien du mal à m’arracher à ma lecture ; mais quel dommage que la traduction soit aussi mauvaise ! Les nombreuses fautes nuisent même assez souvent à la compréhension… »
La traduction ? Mais je suis français, Madame ! Quelle honte ! J’aurais payé pour qu’on retire cette critique.
Pourtant, elle avait raison, et j’ai fait corriger le roman avec le peu que j’avais gagné. Les lecteurs d’un livre autoédité sont tout aussi exigeants, et c’est normal. Depuis, je ne reçois plus ce genre de commentaire, mais bien d’autres auxquels j’accorde beaucoup d’importance.

Le troisième avantage et pas des moindres est la liberté.
L’autoédition ne vous occasionnera pas de contrainte de temps, de rendement, de catégorisation ou d’enfermement dans un genre. Mon second roman est de type fantasy, commercialement c’est certainement une grosse erreur, mais, ma démarche n’étant pas mercantile, je reste le maitre de mes choix.

Le point suivant est l’accessibilité. Pour un premier écrit qui aurait réussi à traverser la jungle pour rejoindre l’édition papier, quel espoir de tirage ? 1000 ? 2000 exemplaires ?
Ces exemplaires si la publicité se fait bien seront vendus dans des librairies, quelques jours ou semaines. Avec un peu de chance, la majeure partie sera écoulée, mais l’auteur n’en saura rien avant des mois, et pour quel gain ? Dans l’autoédition, non seulement, vous gardez vos droits d’auteur, mais il n’y a pas de limite dans le nombre que cela soit en version papier ou en version ebook. Et, pour une durée illimitée. Certains romans sont dans le top 100 Amazon depuis plusieurs mois, voire années (Jacques Vandroux).

Le dernier point que j’aborderai et qui est lié au précédent est le revenu.
L’autoédition vous permet de gérer le prix de votre ouvrage. Vous choisissez votre marge, si vous désirez autoriser le DRM ou pas (partage). En plus, chose qui peut être désespérante, vous voyez au jour le jour le nombre de vos ventes. Mais, quand elles décollent, quelle joie !
J’ai fait le choix de distribuer mes romans à un prix très attractif, c’est aussi une liberté. Mais je préfère être lu par beaucoup à 0.99 euro que par peu à 12.

Il resterait beaucoup à dire, aussi si vous avez des questions, n’hésitez pas à me contacter.
Malgré ce que vous venez de lire, il est toujours possible de sortir du lot en envoyant votre manuscrit à une maison d’édition. Cela arrive, et les exemples sont nombreux, mais si vous choisissez l’autoédition, sachez que vous devrez tout faire seul. Les relectures, les corrections, la mise en page, la couverture, la promotion. C’est le prix à payer pour tenter l’aventure.

Bien à vous,
Wendall Utroi

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8 Réponses

  1. Toujours aussi intéressant, ça fait plaisir d’en savoir plus et de découvrir des indés !

    Aimé par 1 personne

    1. Merci ma belle, c’est vrai que ça fait plaisir 🙂 J’espère pouvoir continuer parce que là je n’ai plus un seul témoignage en stock 😦

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  2. L’auto-édition est un vrai tremplin pour les auteurs. Liberté, aventure, rencontres, partage, émotion, discussions…
    Après avoir prolongé le conte de fée à Agnès Martin-Lugand (2013), l’éditeur Michel Lafon a désormais proposé un contrat à plusieurs autres auteurs auto-édités pour leur ouvrir les portes du succès en librairie.
    C’est le cas d’Aurélie Valognes, pour son roman « Mémé dans les orties », grand succès numérique 2014, qui sort justement aujourd’hui-même en librairie :
    Je vous invite à retrouver son interview, avec également beaucoup d’autres auteurs qui ne manquent pas d’expérience à partager, en cliquant sur le lien suivant :
    http://www.auteursindependants.com/les-auteurs-independants/aurelie-valognes-pousse-meme-dans-les-orties,a6662632.html

    L’auto-édition, le refuge de la loose, selon certains…
    Ah ah ! À condition de s’y consacrer sérieusement, je suis persuadé que c’est pourtant tout le contraire 😉

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup pour votre passage, si vous avez envie de partager votre témoignage dans un rendez-vous, vous êtes le bienvenu 🙂

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  3. […] Le huitième rendez-vous des indés […]

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Merci pour votre passage. N'hésitez pas à laisser un commentaire après lecture de l'article, je vous répondrais dès que possible :)

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