Le rendez-vous des Indés #1


L’auto-édition est un vaste sujet, chacun à ses propres idées à son propos. Ca fait un moment que j’ai envie de trouver un moyen de la mettre en avant sur le blog et voilà qui est fait. J’essayerais que chaque semaine un auteur qui est en édition indépendante ou qui passé par là partage son point de vue.

Je pense que ce rendez-vous sera très enrichissant et permettra de découvrir différentes visions et d’échanger. Je vous demande juste que ces échanges se fassent dans le respect , sans débordements inappropriés car je sais très bien qu’il y aura des risques.
C’est d’ailleurs pour ça que je devrais approuver les commentaires.

Certains de vous m’ont déjà contacté par mail par rapport à l’appel que j’avais lancé au sujet de ce rendez-vous, je vous réponds très vite car je n’ai pas encore rattrapé mon retard de mails suite à mes soucis de connexion internet.
Ceux qui passeraient par ici et qui voudraient participer au rendez-vous, n’hésitez pas à m’envoyer un mail à lestribulationsdunelectrice@gmail avec votre expérience de l’auto-édition.
Pour ouvrir le bal, Thiébault de Saint Amand  qui  a connu l’édition indépendante quelques mois avec son Mazelot nous livre ses impressions.
L’autoédition m’a toujours posé un problème, voire plusieurs à vrai dire.
D’un côté, elle est une chance inouïe de partager ses publications et d’acquérir parfois une petite notoriété, de l’autre, il faut le reconnaître, c’est le foutoir complet.

Le professionnel de l’édition, c’est l’éditeur.

Je viens déjà de me fâcher avec bon nombre de tes visiteurs, chère Isabelle. S’il existe un potentiel risque, narcissique, d’être aveuglé par la foi inébranlable que l’on porte à soi-même pour lancer un chef-d’œuvre qui bouleversera la « littérature post-moderne d’avant-garde », le soutien d’un éditeur reste la meilleure preuve non pas de son talent, mais de la confiance que vous témoigne un professionnel qui vous a lu et qui est prêt à investir.

Je croise souvent des commentaires d’auteurs mécontents de ne pas bénéficier de la promo de Marc Lévy pour leur premier opus, mais cela me semble profondément injuste. Je suis passé par ce stade aussi. Or, avec du recul et deux ou trois bonnes engueulades subies par mon éditeur historique, j’avais tort.

L’auteur construit sa carrière au premier roman (c’est-à-dire à un niveau ridiculement bas !) et ce sont les éditeurs qu’il rencontrera par la suite qui le conduiront vers davantage de notoriété, livre après livre. De chroniques en commentaires de lecteurs, de pub en presse associée, un faisceau important de détails, parfois infimes, assure sa longévité et le retour sur investissement du risque réel accepté par chacune des maisons d’édition.

Évoquer ce terme de « carrière » peut paraître prétentieux. Il permet toutefois de comprendre pas mal de refus d’édition pour un premier ouvrage et il a au moins le mérite de témoigner de l’endurance qu’il faut pour tenir la distance sur un chemin tortueux, voire chaotique.

Les principales plates-formes d’autoédition n’ont pas cette audace.

D’ailleurs, le bonheur absolu pour elles, ce serait que chaque client achetant un aspirateur, un DVD, un roman ou des chaussettes publie un bouquin. Comme il en fera l’acquisition au minimum pour lui-même, Tata Huguette et même sa sœur, ce sont des recettes inespérées ! Si tu frétilles un peu, grâce à un réseau où grouillent des gens de talent, mais aussi des despérados des lettres modernes avec le fameux « achète mon livre et je te chroniquerai le tien » (on avance vachement dans le concept !), tu auras la chance d’être chouchouté par la maison-mère et on verra ta trombine en format A4 sur le site.

Et après ? Où est la liberté de celles et ceux qui revendiquent l’indépendance contre le diktat des maisons bâties autour du schéma traditionnel, si le Graal est de se faire adouber par un distributeur qui te tient à sa merci et selon ses règles consultables sur place, en Laponie ou en Californie du sud ?

En effet, l’auto-édition ne génère pas de droits d’auteur.

Là encore, je risque de froisser une partie de tes lecteurs. Quand je signe un contrat d’édition, on me paye pour un travail que j’ai effectué et je prends quelques engagements pour l’avenir (dont la promotion). J’ai fiscalement le choix d’intégrer ces revenus en salaires ou, dans certaines conditions précises, de les déclarer en Bénéfices non commerciaux (BNC).

En France, quand j’autopublie sur une plate-forme qui distribue le résultat de mon bricolage plus ou moins réussi (casse-tête de la couverture, de la mise en page, de la visibilité, du référencement) je perçois des droits d’édition, car je suis éditeur.

Si tous les auteurs autoédités savaient que leur activité est régie automatiquement (obligatoirement) dans la catégorie des BNC, avec enregistrement impératif au registre du commerce et des sociétés (en classe 0), car ils gèrent une entreprise d’édition, tu aurais déjà beaucoup moins de volontaires !

Ajoutons à cela que le statut d’auto-entrepreneur est strictement prohibé.

Le fisc n’effectuant pas de redressement pour 1.74 €, la majorité a peu à craindre… si elle pense quand même à déclarer les revenus engrangés qui sont parfois conséquents pour certains !

Je ne jette pas l’opprobre sur ce procédé ni sur les auteurs de grand talent, j’en connais !, qui ne disposent pas d’autre moyen pour se faire plaisir et partager leurs écrits avec un lectorat de plus en plus curieux et avide de découvertes. Beaucoup d’autoédités sont à présent chroniqués et c’est une très bonne évolution.

Je suis passé par là en février. Comme quoi, « Fontaine… », ou moins prosaïquement, «  Seuls les imbéciles… ».

J’ai choisi Librinova, car d’une part, je payais pour une prestation de qualité (je suis nul en informatique) et d’autre part, je souhaitais me faire remarquer auprès d’un professionnel de l’édition.

Tu as été l’une des premières à effectuer une chronique de Mazelot. J’ai eu la chance de susciter de l’intérêt auprès d’autres chroniqueuses et, en mars, j’ai signé un contrat auprès d’une maison d’édition classique.

Nous ne sommes pas chez les Bisounours. Il est évident que le fait d’être déjà publié par ailleurs est un argument fort permettant d’intéresser éventuellement les professionnels, mais je suis ravi de n’avoir pas longtemps séjourné dans ce système, car je ne m’y sens pas à l’aise, tout simplement.

En conclusion, je ne suis pas hostile à l’autoédition, mais je pense qu’il faut s’interroger, avant toute publication, sur le but recherché et, surtout, sur le plaisir attendu lors de la naissance de l’ouvrage. En répondant à ces deux questions en arrive une autre immédiatement derrière : et après ?

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4 Réponses

  1. Je te félicite Isabelle pour avoir eu l'idée de ce rendez-vous ! Quant au témoignage de Thiébault, je lui tire mon chapeau pour avoir accepté de témoigner en sachant qu'il y aurait des divergences d'opignon. Cela permet aux jeunes auteurs qui veulent se lancer dans l'edition d'avoir un avis (différent par semaine?).
    J'ajouterais une nuance à son « discours » par contre. Certes publier dans une maison d'édition est toujours plus avantageux. Mais encore faut-il vouloir être publier pour être connu ou vouloir que son talent soit reconnu… Certaines maisons d'editions n'ont plus aucun respect pour le livre… (Bien que ce soit un autre problème) ! 🙂

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  2. Merci ma belle, ça fait tellement longtemps que j'y pense et que je me demande comment faire et la paf hier matin l'idée est sortie comme ça 🙂
    Oui c'est vrai que c'est bien qu'il ait témoigné malgré ça et c'est ce qui va enrichir ce rendez-vous c'est que les points de vues seront différents 🙂
    C'est vrai que trouver une maison d'éditions qui respecte un livre devient de plus en plus difficile, je suis tout à fait d'accord avec toi 🙂

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